Par symptôme
Parcours d'information orienté patient pour les situations courantes.
- Allergie, urticaire et réaction cutanée allergique
Les réactions allergiques cutanées (urticaire, eczéma de contact) sont très répandues. L'urticaire aiguë se manifeste par des plaques rouges prurigineuses mobiles. Les antihistaminiques de deuxième génération (cétirizine, loratadine, bilastine) sont le traitement de référence et disponibles sans ordonnance. Une corticothérapie courte (prednisolone) peut être prescrite en cas de réaction plus étendue. Les crèmes à la cortisone (hydrocortisone, bétaméthasone) sont utilisées pour les réactions cutanées localisées. L'éviction de l'allergène est essentielle. Un bilan allergologique peut être recommandé en cas de récidives.
- Angine et pharyngite : traitement et test diagnostic
L'angine (inflammation des amygdales) est le plus souvent virale (80 % des cas) et ne nécessite pas d'antibiotique. Le test de diagnostic rapide (TDR) à streptocoque, réalisable en pharmacie ou en cabinet, permet de distinguer les angines bactériennes à streptocoque du groupe A qui requièrent une antibiothérapie (amoxicilline en première intention). Pour les symptômes douloureux, le paracétamol ou l'ibuprofène sont utilisés. Les antiseptiques et anesthésiques locaux (pastilles, sprays) peuvent apporter un soulagement temporaire.
- Constipation : traitements et conseils pratiques
La constipation est définie par moins de 3 selles par semaine ou des selles dures et difficiles à évacuer. Elle est le plus souvent fonctionnelle. Les mesures de première intention sont l'augmentation des fibres alimentaires (fruits, légumes, céréales complètes), l'hydratation suffisante (1,5 L/j) et l'activité physique. En cas de constipation persistante, les laxatifs osmotiques (macrogol, lactulose) sont recommandés en première ligne et peuvent être utilisés au long cours. Les laxatifs stimulants (bisacodyl, séné) sont efficaces mais réservés aux épisodes ponctuels. Les suppositoires de glycérine facilitent l'évacuation distale.
- Diarrhée aiguë : traitement et prévention de la déshydratation
La diarrhée aiguë (moins de 14 jours) est le plus souvent d'origine infectieuse virale (gastroentérite) et évolue spontanément vers la guérison. La priorité est la réhydratation orale avec des solutés de réhydratation orale (SRO), indispensables chez l'enfant et la personne âgée. Le lopéramide (Imodium) peut réduire la durée et la fréquence des selles chez l'adulte mais est contre-indiqué en cas de fièvre élevée ou de diarrhée sanglante. Le racécadotril est une alternative. Les probiotiques peuvent raccourcir légèrement la durée. Les antibiotiques ne sont pas indiqués dans la grande majorité des cas.
- Fièvre chez l'adulte : que faire et quand consulter
La fièvre de l'adulte (température ≥ 38 °C) est le plus souvent d'origine infectieuse bénigne (grippe, rhume). Le paracétamol (1 g toutes les 6 h) est le traitement de première intention pour abaisser la température et soulager la gêne. L'ibuprofène peut être utilisé en alternative chez l'adulte sans contre-indication. Il est important de bien s'hydrater. Une consultation est nécessaire si la fièvre est très élevée, prolongée plus de 3 jours, ou accompagnée de signes d'alarme.
- Fièvre chez l'enfant : traitement et signes d'alerte
La fièvre de l'enfant (température ≥ 38 °C) est très fréquente et généralement bénigne, souvent liée à une infection virale. Le paracétamol en sirop ou suppositoires (15 mg/kg toutes les 6 h, sans dépasser 60 mg/kg/j) est le traitement de première intention. L'ibuprofène peut être utilisé à partir de 3 mois (poids ≥ 5 kg). L'aspirine est contre-indiquée chez l'enfant. Il faut bien hydrater l'enfant et surveiller son état général plutôt que le chiffre de la température.
- Infection urinaire (cystite) : symptômes et traitement
La cystite non compliquée est une infection bactérienne fréquente, touchant principalement la femme. Elle se manifeste par des brûlures mictionnelles, une envie fréquente d'uriner et des urines troubles. Le traitement antibiotique est nécessaire : le fosfomycine-trométamol (monodose) est recommandé en première intention chez la femme jeune sans facteur de risque, ou le pivmécillinam sur 5 jours. L'augmentation de l'hydratation et les antalgiques urinaires (phloroglucinol) peuvent soulager les symptômes. L'autodiagnostic par bandelette urinaire est possible. Chez l'homme, toute infection urinaire est considérée comme compliquée et nécessite un avis médical.
- Insomnie : approches thérapeutiques et médicaments
L'insomnie (difficultés d'endormissement, réveils nocturnes ou réveil précoce) touche environ 15 à 20 % des adultes de façon chronique. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC-I) est le traitement de référence pour l'insomnie chronique. En traitement de courte durée, la mélatonine (disponible sans ordonnance) est indiquée pour les troubles du rythme circadien. Les antihistaminiques sédatifs (doxylamine, diphénhydramine) sont disponibles sans ordonnance mais réservés aux insomnies occasionnelles. Les benzodiazépines et les hypnotiques apparentés (zolpidem, zopiclone) nécessitent une prescription et sont limités à 4 semaines. L'hygiène du sommeil (régularité des horaires, chambre sombre et fraîche, pas d'écrans) est fondamentale.
- Lombalgie et douleur dorsale basse : traitement et activité physique
La lombalgie aiguë commune (mal de dos) est l'une des premières causes de consultation médicale. Dans plus de 90 % des cas, elle est bénigne et mécanique (non spécifique). Le traitement repose sur le maintien d'une activité physique adaptée (le repos strict au lit est déconseillé), les antalgiques (paracétamol en première intention, ibuprofène ou autre AINS si insuffisant), les myorelaxants (méthocarbamol, tétrazépam) en complément pour les contractures douloureuses. Les topiques anti-inflammatoires locaux peuvent apporter un soulagement. La lombalgie chronique (plus de 3 mois) nécessite une prise en charge pluridisciplinaire incluant kinésithérapie et thérapies comportementales.
- Maux de tête : médicaments souvent utilisés (grand public)
Repères sur les antalgiques courants ; consultation si signes d’alerte.
- Nausées et vomissements : causes courantes et traitements
Les nausées et vomissements sont des symptômes très fréquents, souvent liés à une gastroentérite, un repas trop riche, un mal des transports ou une grossesse. Le traitement repose sur le repos digestif, la réhydratation progressive et les antiémétiques si nécessaire. La métoclopramide et le dompéridone (sur prescription) sont utilisés dans les nausées et vomissements fonctionnels. L'acupression (bracelet de mer) peut aider contre le mal des transports. Les antihistaminiques (méclozine, diphénhydramine) sont efficaces contre le mal des transports et les nausées légères. En cas de vomissements prolongés, la réhydratation orale avec des SRO est primordiale.
- Otite chez l'adulte et l'enfant : traitement et précautions
L'otite moyenne aiguë (OMA) est une infection de l'oreille moyenne très fréquente chez l'enfant. Elle peut être virale ou bactérienne. Le traitement repose d'abord sur des antalgiques (paracétamol, ibuprofène) pour soulager la douleur. Chez l'enfant de moins de 2 ans ou en cas de forme sévère, un antibiotique (amoxicilline en première intention) est prescrit. Chez l'enfant plus grand et l'adulte, une surveillance de 48 à 72 h sans antibiotique est souvent proposée en premier. L'otite externe (externe du conduit) est traitée par gouttes antibiotiques et/ou corticoïdes locales.
- Reflux gastro-œsophagien et brûlures d'estomac
Le reflux gastro-œsophagien (RGO) se manifeste par des brûlures remontant de l'estomac vers la gorge (pyrosis), souvent après les repas ou en position allongée. Les antiacides (hydroxyde d'aluminium, carbonate de calcium) soulagent rapidement mais brièvement. Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP : oméprazole, pantoprazole, ésoméprazole) sont le traitement de fond le plus efficace et sont disponibles sans ordonnance pour les RGO non compliqués. Les anti-H2 (ranitidine, famotidine) sont une alternative. Les mesures hygiénodiététiques sont essentielles : éviter les repas copieux, l'alcool, le café, les épices et les aliments gras.
- Rhume et rhinite aiguë : traitement et durée
Le rhume (rhinite aiguë virale) est une infection bénigne des voies aériennes supérieures due le plus souvent à des rhinovirus. Il n'existe pas de traitement antiviral spécifique. Le traitement est symptomatique : paracétamol pour la fièvre et les douleurs, lavages nasaux au sérum physiologique, vasoconstricteurs nasaux (oxymétazoline, xylométazoline) sur courte durée (3 jours maximum) pour décongestionner. Les antihistaminiques de première génération (chlorphénamine) peuvent réduire le nez qui coule. L'évolution est spontanément favorable en 7 à 10 jours.
- Sinusite : traitement symptomatique et antibiotiques
La sinusite aiguë est une inflammation des sinus, le plus souvent virale et faisant suite à un rhume. Le traitement symptomatique repose sur les lavages nasaux au sérum physiologique, les vasoconstricteurs nasaux (en cure courte de 3 jours), les antalgiques-antipyrétiques (paracétamol, ibuprofène) pour soulager la douleur et la fièvre. Les antibiotiques ne sont indiqués que dans les formes bactériennes avérées (douleurs unilatérales intenses, fièvre persistante, aggravation après 10 jours) ; l'amoxicilline ou l'association amoxicilline-clavulanate sont utilisées en première intention. Les corticoïdes locaux peuvent réduire l'inflammation.
- Toux sèche ou grasse : médicaments et conseils
La toux est un réflexe de défense de l'organisme. La toux sèche, irritative, peut être calmée par des antitussifs comme la dextrométhorphane (sans ordonnance) ou des sirops adoucissants à base de miel. La toux grasse (productive) ne doit pas être bloquée ; des mucolytiques ou expectorants (acétylcystéine, guaïfénésine) peuvent faciliter l'expectoration. La plupart des toux aiguës régressent spontanément en 2 à 3 semaines. Fumer aggrave systématiquement la toux.